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Dans le (très) large éventail des pollutions qui empoisonnent la planète, nous ignorons souvent le poids du numérique, parfois lié à nos objets du quotidien. La démocratisation d’internet et des terminaux mobiles a ancré les objets numériques dans nos habitudes de consommation. Lecture d’une vidéo, envoi d’un email, consultation d’une page web, achat en ligne, upload d’un fichier dans le cloud… autant de gestes anodins qui contribuent à cette pollution. Selon une étude du Shift Project, le numérique serait responsable de 4 % des émissions de gaz à effet de serre, soit plus que la part du trafic aérien. L’idée selon laquelle la dématérialisation contribuerait à protéger l’environnement commence donc à avoir du plomb dans l’aile.

Pollution numérique : de quoi parle-t-on ?

Mais où se situe cette pollution invisible ? A toutes les étapes du cycle de vie de nos objets numériques, de l’extraction des ressources à la fabrication et au transport jusqu’à l’usage et la fin de vie. Cette pollution est d’abord imputable à des équipements comme les ordinateurs, les tablettes et les portables, mais aussi aux Data Centers. Ces centres qui stockent des informations et s’imposent désormais au centre de plusieurs business models numériques sont des gouffres énergétiques. En France, ces Data Centers consomment 10 % de l’électricité produite chaque année. 

Pendant le confinement, nous nous sommes tous félicités de la baisse des émissions de CO2 dans l’atmosphère, mais c’était sans compter sur notre utilisation massive d’internet à la maison : télétravail, vidéos en visioconférence et divertissement sur le web. Nos usages ont littéralement explosé. Plus que jamais, il est désormais nécessaire de mesurer nos impacts afin de trouver des solutions qui permettent de maîtriser notre bilan carbone numérique.

Cela passe dans un premier temps par la prise de conscience des consommateurs qui ne réalisent pas toujours que le visionnage d’une vidéo sur une plateforme émet du CO2. Il faudra également prolonger au maximum la durée de vie de nos équipements en nous rappelant que c’est la phase de production du matériel qui pèse le plus lourd sur la planète. Il s’agira également d’intégrer la variable du bilan énergétique des objets connectés dans les critères d’achat. Dès que l’on ajoute une couche numérique à un frigo, un chauffage ou une télévision, cela engendre toujours un coût énergétique supplémentaire. Laurent Lefèvre, directeur du collectif EcoInfo du CNRS, préconise de remettre toutes les infrastructures à plat afin de concevoir des matériaux et des équipements permettant un usage raisonné de nos objets numériques. L’écoconception est même devenue aujourd’hui un domaine de recherche à part entière. Et c’est tant mieux, car les défis à relever sont nombreux. La projection pour 2025 table en effet sur 50 milliards d’objets connectés.

La pollution numérique en passe de rattraper le bilan carbone du secteur automobile ?

C’est en tout cas le terrible constat qui ressort des prévisions de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) qui estiment que le numérique pourrait bien rattraper le bilan carbone du secteur automobile à l’horizon 2025. Comme l’explique le dernier rapport de l’INRIA, environ 52 % de la population mondiale utilise régulièrement internet. Dans un effort de vulgarisation, cet organe propose des équivalences entre les tâches que nous réalisons sur le web et des gestes du quotidien. 

Ainsi, une simple requête sur un moteur de recherche comme Google consommerait autant qu’une ampoule basse consommation allumée pendant une heure. Aussi, l’envoi d’un courrier électronique d’environ un mégaoctet à une seule personne consommerait autant qu’une ampoule de 25 watts allumée pendant une heure (25 watts heure). Et lorsque l’on sait que près de 10 milliards de mails sont envoyés chaque heure (sans compter les spams), on mesure tout le défi écologique que représentent nos activités quotidiennes sur le web.

Vous vous en doutez, certaines activités sur internet polluent plus que d’autres et là encore, le défi réside dans l’information et la sensibilisation. Car dans le monde réel, il est assez évident qu’un voyage en avion pollue plus qu’une ampoule allumée quelques heures. Mais dans le monde de la dématérialisation, la hiérarchie de l’impact carbone n’est pas forcément intuitive. Ainsi, la vidéo à la demande et les jeux vidéo multijoueurs en ligne caracolent en tête de nos habitudes les plus polluantes selon l’INRIA. Les échanges de photos et de vidéos via les plateformes de messagerie instantanée comme WhatsApp et Facebook Messenger ou encore les réseaux sociaux sont également énergivores, à fortiori lorsqu’elles sont transférées sur le réseau puis stockées dans les fameux Data Centers.

Quel lien entre le numérique et la pollution ?

Parce qu’il repose essentiellement sur des process dématérialisés, le numérique est considéré, à tort, comme un secteur d’activité qui ne pollue pas. En réalité, la consommation d’énergie du numérique est non seulement réelle, mais elle croît de manière exponentielle dans la mesure où les consommateurs ont souvent plus d’un terminal numérique. En effet, ordinateur et smartphone vont désormais de pair chez beaucoup de consommateurs. 

Aujourd’hui, le numérique consomme 10 % de l’électricité mondiale, et ce chiffre devrait continuer à augmenter dans les prochaines années. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas seulement l’utilisation des équipements qui pollue. Les émissions de gaz à effet de serre ont lieu à toutes les étapes du cycle de vie des objets numériques.

De l’extraction des minerais au transport en bateau ou en avion

Tout commence par l’extraction et le transport des ressources minérales nécessaires à la chaîne de production numérique. Comme l’explique Laurent Lefèvre, « l’extraction de ces minerais est une étape vraiment consommatrice d’énergie puisque les mines ont une densité de métaux de plus en plus faible, il faut donc toujours plus d’énergie pour les extraire ». Et comme les métaux utilisés dans la conception des objets numériques sont mobilisés en très faibles quantités, il est de plus en plus compliqué de les recycler. Leur transport par avion ou bateau engendre une pollution atmosphérique et marine « plus classique » mais non moins catastrophique.

Les Data Centers prennent le relais…

Pendant l’utilisation des objets numériques, ce sont les Data Centers qui prennent le relais dans la pollution. Ces gigantesques fermes informatiques qui font aujourd’hui tourner le monde consomment de l’énergie dans leur stockage, leur alimentation en électricité, leur maintenance ainsi que dans les conditions nécessaires à leur fonctionnement, avec notamment des températures très basses parfois dans des pays chauds. 

Enfin, lorsque les objets numériques et informatiques deviennent un DEEE (déchet d’équipement électrique et électronique), une partie est recyclée, tandis que l’autre sera tout simplement détruite puis enfouie sous terre. Aujourd’hui, rares sont les métaux qui peuvent être recyclés dans le numérique. Notons enfin que sur les 45 métaux que compte en moyenne un objet numérique, seuls 15 d’entre eux peuvent aujourd’hui être recyclés.

Comment neutraliser le bilan carbone du numérique ?

Rationalisez l’utilisation de votre courrier électronique 

Dans la mesure du possible, évitez d’envoyer des emails inutiles. Si vous avez besoin de transmettre une information qui ne nécessite pas forcément une trace écrite, faites-le verbalement ou utilisez un outil de messagerie interne comme Skype ou encore Slack. Ces applications consomment beaucoup moins d’énergie que les courriers électroniques. Aussi, ne multipliez pas les destinataires sur un courriel si cela n’est pas nécessaire. Essayez de ne pas oublier vos pièces-jointes pour ne pas avoir à les envoyer dans un nouvel email. Utilisez également un outil anti-spam et videz régulièrement votre corbeille et votre dossier de courrier indésirable. Dans le même sens, désinscrivez-vous de toutes les lettres d’information que vous ne lisez pas.

Il peut également être utile d’attribuer quelques créneaux horaires par jour pour lire vos emails et y répondre. Non seulement vous ferez un geste pour la planète, mais vous serez aussi plus efficace car votre travail sera moins interrompu. Selon une étude de l’Université de Loughborough, il faut 64 secondes pour se recentrer sur la tâche que vous étiez en train d’accomplir avant d’ouvrir un courrier électronique.

Choisissez la meilleure option pour transférer un fichier

Utilisez une clé USB si vous avez besoin de transférer un fichier à un collègue de bureau. Lorsque vous devez envoyer un gros fichier, choisissez un service d’hébergement de fichiers qui utilise un lien de téléchargement sur un site web comme WeTransfer, Google Drive ou Microsoft OneDrive. Cela permet d’éviter que le fichier ne soit stocké sur plusieurs serveurs. Si vous utilisez un lien, il sera uniquement stocké sur le serveur qui l’héberge. Aussi, prenez l’habitude de compresser les fichiers que vous envoyez. Ils prendront ainsi moins de place.

Rationalisez l’utilisation de votre navigateur web

Utilisez des moteurs de recherche éco-responsables tels que Lilo ou Ecosia pour réduire votre empreinte carbone. Aussi, soyez précis lors de vos recherches. Si le mot-clé que vous utilisez est le bon, vous économiserez l’énergie nécessaire pour parcourir environ 40 km en voiture. Saisissez votre requête directement dans la barre d’adresse du navigateur, et non dans le moteur de recherche, lorsque vous comptez visiter une page que vous avez déjà ouverte auparavant. Vous serez dirigé directement vers le site web, ce qui empêche de revenir en arrière dans le moteur de recherche et/ou les centres de données. Utilisez les signets et la barre des favoris pour éviter de répéter des recherches identiques. N’oubliez pas de fermer les onglets que vous n’utilisez pas.

Déconnectez-vous plus souvent

Déconnectez-vous chaque fois que vous le pouvez, si votre travail le permet. Vous n’avez pas à passer toute la journée connecté à Google Actualités ou aux réseaux sociaux si vous n’êtes pas devant l’écran. À la maison, débranchez votre modem ou votre routeur la nuit et en votre absence pour économiser l’électricité. Supprimez les applications inutilisées en suivant vos habitudes de connexion. Supprimez votre ancien compte MySpace ou les vidéos YouTube publiées il y a des années. Elles sont toujours stockées sur des serveurs et polluent sans raison.

Enfin, faites l’économie de la HD (haute définition). Essayez de regarder votre série préférée  en résolution basse ou moyenne. En streaming, vous consommez entre quatre et dix fois moins d’énergie qu’en haute définition. Vous perdez en confort, mais c’est pour la bonne cause !

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